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--> critique originale

Certains artistes, comme le claveciniste Jean Rondeau ou les pianistes Lucas Debargue, Alexandre Tharaud, Stephen Hough ou Pavel Kolesnikov, continuent à avoir la culture de l’objet discographique et à concevoir des programmes pour le disque. Le pianiste russe Evgeni Koroliov, 70 ans, qui s’est fait un nom dans la musique de Bach, a conçu ce cheminement en 2019, un an avant la pandémie. L’artiste y évoque des souvenirs d’enfance et de prime jeunesse au clavier. Comme la perspective a dû changer des décennies plus tard. Comme elle est teintée, à l’écoute, par la stupéfiante période que nous venons de vivre. Ce disque paru ici le 5 juin, nous l’avons depuis des semaines et piaffons de vous en parler. Aucun ne nous a autant accompagné durant ce confinement. Il est comme une parabole musicale d’un Chopin à la santé chancelante qui tente de survivre à travers la créativité de son esprit et la magie de ses mains. Et partout, au fil de la trajectoire, le souffle s’épuise. Il est question de temps qui s’arrête, d’élans brisés et d’une respiration dont l’amplitude baisse petit à petit en des confidences susurrées. Son disque est un miracle.

Christophe Huss

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