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C’est un couplage original que pro-pose Daniel Gaede, ancienviolon solo des Wiener Philharmoniker, souvent entendu au seinde l’excellent trio à cordes qui porte son nom. Il ne s’agit pas cette fois du même ensemble : 3 Gaede est une formation familiale avec ses deux frères, Thomas (médecin) àl’alto et Sebastian (violoncelliste del’orchestre de l’Elbphilharmonie). Sous leurs archets, l’Opus 3 afficheun classicisme élégant. Dans cette vaste page de jeunesse bâtie en six mouvements, non sans filiation avec le célèbre Divertimento KV 563 de Mozart, Daniel Gaede mène le dis-cours de main de maître avec la rigueur qu’on lui connaît. Si elle trouve un bel équilibre entre lyrisme et espièglerie, leur lecture peine toute-fois à apporter un nouvel éclairage. Cela vaut également pour le concerto. La lisibilité de toutes les voix est exemplaire (comme l’équi-libre soliste-orchestre), le discours solidement bâti, dans une esthétique parfaitement classique, le propos, sobre, précis, fermement articulé. Timbres lumineux, intonation superbe, le violoniste déploie une véritable aisance (notamment dans la cadence de Kreisler), porté par un orchestre de chambre homogène. Dans le Larghetto, le chef polonais Wojciech Rajski soutientà la perfection le chant céleste de Gaede. Le finale, un rien rigide etconventionnel, manque toute fois d’imaginationet de liberté pour convaincre pleinement.

Jean-Michel Molkhou

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