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"Curieusement mal aimés, les trois quatuors à cordes de Schumann n′ont qu′une bien modeste discographie au regard de ceux de Brahms. Quoique très emblématiques du romantisme allemand, ils n′ont jamais connu la notoriété du Quintette avec piano et figurent encore trop rarement au repertoire des grands quatuors d′aujourd′hui. Dédiés à son ami Felix Mendelssohn, les trois quatuors datent de 1842. On y trouve tous les climats poétiques de l′univers Schumannien, l′exuberance, la passion, la tendresse, cette instabilité émotionnelle marquée par des transitions abruptes, et surtout cette teinte mélancolique si spécifique. Le Quatuor Auryn, que l′on avait entendu dans une remarquable intégrale Schubert publiée l′an dernier chez CPO (cf. Diapason no. 467), propose ici la lecture certainement la plus aboutie depuis la légendaire version du Quartette Italiano parue chez Philips il y a une trentaine d′années. Avec une homogénéité, une éloquence et une souplesse du ton qui n′appartiennent qu′aux meilleurs, les Auryn livrent de ces trois oeuvres intenses et émouvantes une lecture tantôt ardente, tantôt rêveuse mais toujours extraordinairement sensible. Le propos est minutieusement conduit, l′intonation ne connaît aucune faiblesse et les sonorités sont à la fois subtiles et genéréusement timbrées. Il ne manque qu′un soupcon de fantaisie cà et là pour faire de cette vision au classicisme épuré, une Interprétation envoûtante."
Jean-Michel Molkhou

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