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Superbe sonorité, précise, chaude et riche Notice
Le pianiste Evgeni Koroliov est surtout connu pour ses fameux enregistrements con sacres à Bach (chez Tacet et Hänssler), l′un d′eux étant vante par Ligeti comme «le» disque qu′il emporterait sur l′île déserte. Ce récital Schumann s’avère aussi stupéfiant et bouleversant de bout en bout. Son copieux programme, compose d′une manière originale, semble bizarre de prime abord, mais se révèle profondément pense il s′ouvre et se ferme sur deux des pages les plus sombres et inquiétantes des Scènes de la forêt, Lieu maudit et L′Oiseau prophète, et glisse entre les Kreisleriana et les Scènes d′enfant les huit premières pièces des rares «Feuillets bigarrés» op 99. Il peut sembler étrange de mélanger chefs-d′œuvre consacres et extraits d′un recueil tardif de petites pages aux appellations modestes (Drei Stücklein et Albumblätter). Mais comme le rappelle la notice. Schumann a sélectionne les treize pièces des Scènes d′enfant parmi une trentaine écrites a la même période, certaines éditées plus tard, notamment dans l′Opus 99. Et surtout, ce programme, ainsi que l′interprétation inspirée de Koroliov, montre à quel point «petites» et «grandes» œuvres se rejoignent dans la même puissance expressive chez Schumann. Depuis longtemps, la référence absolue des Kreisleriana et des Scènes d′enfant est constituée par un disque fabuleux de Martha Argerich (DG), juste devant le même couplage par Katia Skanavi (Lyrinx), et les deux versions (Sony puis DG) de l′Opus 16 par Horowitz. Face à ces interprètes restituant la folie schumannienne par leur fantaisie hallucinée, Koroliov semble adopter un jeu plus sage, plus sobre, usant (relativement) de moins de recherches de couleurs et se permettant moins de libertés avec le texte. Pourtant une incroyable émotion s′en dégage. Son chant se fait parfois pénombre, pour manifester toutes les failles de l′âme. Les Kinderszenen se tiennent dans un registre encore plus intériorise que celui d′Argerich, nimbées d′attendrissement et de mélancolie du souvenir. En revanche, dans les extraits des Waldszenen et des Bunte Blätter, nous n′avions jamais entendu tempos aussi méditatifs, douceur aussi infinie et expressivité aussi poignante. Un grand disque
Philippe van den Bosch

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